Départ des Loyalistes noirs


Image: Bedford Basin, près de Halifax, Nouvelle-Écosse (aquarelle de Robert Petley; avec la permission de Bibliothèque et Archives Canada/C-115424)


Lors de la Révolution américaine, pendant laquelle les futurs États Unis ont combattu pour obtenir leur indépendance de la Grande Bretagne (de 1781 à 1784), des dizaines de milliers de réfugiés ont dû s'enfuir. Puisqu'ils demeuraient loyaux envers la Grande-Bretagne, on les appelait les « Loyalistes ». Bon nombre de ces Loyalistes étaient des Noirs à qui l'on avait promis la liberté, s'ils combattaient aux côtés des Britanniques. Cette offre a suscité une réaction phénoménale, car près de 30 000 Noirs ont fui vers les lignes de front britanniques. Ils ont fait leur service militaire en tant que soldats, manœuvres, pilotes de navires et cuisiniers.

Lorsque la défaite britannique est devenue inévitable en 1783, l'Armée britannique a évacué plus de 2 000 Loyalistes noirs vers la Nouvelle Écosse. (D'autres se sont dirigés vers les Antilles, le Québec, l'Angleterre, l'Allemagne et la Belgique.) Ceux qu'on a laissés après la retraite des Britanniques ont été repris, puis réduits de nouveau à l'esclavage.

Bon nombre de Loyalistes noirs se sont retrouvés à Shelburne, dans le sud est de la Nouvelle Écosse. Par la suite, ils ont créé leur propre collectivité près de Birchtown. Grâce à une population de plus de 2 500 habitants, Birchtown représentait la principale colonie de Noirs affranchis hors de l'Afrique. Les autres Loyalistes noirs se sont établis près de cette colonie et au Nouveau Brunswick.

La plupart des Loyalistes noirs n'ont jamais reçu la parcelle de terrain ni les provisions qu'on leur avait promises. Ils ont dû se contenter d'un maigre salaire d'ouvrier agricole ou de domestique. Par ailleurs, ils ont souffert du climat, qui était beaucoup plus froid que celui auquel ils s'étaient adaptés, en plus de subir le traitement inéquitable des autorités.

En 1791, lorsqu'une société britannique a offert de réinstaller les Noirs en Sierra Leone, en Afrique de l'Ouest, près de la moitié de la collectivité noire, amèrement déçue, quitta la Nouvelle Écosse. Quelque 2 500 Noirs sont toutefois demeurés dans cette province et leur situation s'est lentement améliorée. Leur salaire a augmenté et bon nombre d'entre eux se sont qualifiés pour exercer des métiers spécialisés. En 1812, les Noirs s'estimaient suffisamment intégrés à la collectivité pour former trois milices noires distinctes qui ont combattu les Américains lors de la guerre de 1812.

Les Afro-Néo-Écossais à l'époque de l'esclavage et de l'abolition
Explorez cette collection en ligne exhaustive de ressources primaires sur l’histoire des premiers Noirs en Nouvelle-Écosse. Un site Web du gouvernement de la Nouvelle-Écosse.

Les Noirs au Canada : entre liberté et ségrégation
Un site Web interactif qui retrace les nombreux défis auxquels ont dû faire face les Africains, immigrants au Canada depuis les derniers 400 ans. De la Fondation de la tolérance de Montréal.

Le départ pour la Sierra Leone
Le 15 janvier 1792, quelque 1300 Loyalistes noirs, y compris les notables David George, Boston King et Moses Wilkinson, quittèrent Halifax à bord de 15 navires et prirent la mer pour la Sierra Leone.

Le commerce des esclaves
Information de fond au sujet de l’histoire de l’esclavage en Amérique du Sud et en Amérique du Nord. Extrait de Parcs Canada.

Thomas Peters
Une biographie de Thomas Peters, un soldat noir et un valeureux opposant à l’injustice et à la discrimination. Extrait du Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

Loyalists, the First Refugees (1775 - 1812)
Ce site Web propose une brève histoire portant sur les Loyalistes noirs au Canada et des liens à des documents numérisés sur l’abolition de l’esclavage. Extrait de Canada in the Making.