Chemin de fer clandestine



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Entre 1840 et 1860 avant la guerre de Sécession, des Africains réduits à l'esclavage, afin de trouver la liberté au Canada, suivirent l'étoile du Nord en empruntant le chemin de fer clandestin. Il ne s'agissait pas d'un vrai chemin de fer, mais plutôt d'un réseau secret d'itinéraires et de maisons de passeurs qui permettait aux Noirs de fuir l'esclavage et d'accéder aux États libres, ou au Canada. Parfois, des guides aidaient ces gens à trouver la prochaine étape de leur itinéraire. Parcourir le chemin de fer clandestin représentait une opération risquée, qui dépendait de la chance certes, mais qui exigeait aussi l'intervention d'un guide.

En réalité, le « chemin de fer » avait entrepris ses activités lors des années 1780, mais c'est pendant les années 1830, que l'on commença à le désigner par l'expression « chemin de fer clandestin ». Les membres de cette organisation employaient des termes ferroviaires comme mots de code. Ceux qui aidaient les gens à se déplacer d'un endroit à l'autre étaient désignés par l'expression « chefs de train ». On appelait les réfugiés fugitifs « passagers » ou « cargaisons ». Enfin, le terme « gares » désignait les lieux sûrs où l'on pouvait s'arrêter pour prendre du repos. Les chefs de train étaient également des abolitionnistes, c'est-à-dire des partisans de l'abolition de l'esclavage. Parmi ces hommes et ces femmes, figuraient des Noirs et des Blancs. Bon nombre d'abolitionnistes étaient de religion quaker ou méthodiste.

Afin de préserver le secret des itinéraires, des noms de code étaient donnés aux lieux. Detroit, ville des États Unis d'où partaient la plupart des voyageurs, était désignée par le nom « Minuit ». On appelait la rivière Détroit « Jourdain », référence biblique à la rivière qui conduisait à la Terre promise. On donnait également un nom de code à la fin du parcours, par exemple, « Aube ». Les gens pouvaient ainsi communiquer sans se montrer trop explicites, en affirmant : « Parcourez le chemin de fer de minuit à l'aube ». Les réfugiés faisaient leur arrivée dans toutes les régions du Canada, de la Nouvelle Écosse jusqu'à la Colombie Britannique. Toutefois, la plupart d'entre eux se sont retrouvés à la destination qui constitue maintenant le sud ouest de l'Ontario, plus précisément à des villes comme Windsor, Fort Erie, Chatham et Owen Sound.

Le chemin de fer clandestin a engendré la création de certains mythes. En raison du secret nécessaire à la réussite de ce parcours, très peu de documents décrivent le rôle qu'il a joué dans notre histoire. Il est donc impossible de connaître avec certitude le nombre d'esclaves qui ont trouvé la liberté grâce à ce réseau, mais on estime que ce nombre pourrait bien s'élever à 30 000. L'achalandage du chemin de fer clandestin a atteint son apogée entre 1840 et 1860, en particulier après l'adoption en 1850, de la Fugitive Slave Act (loi sur les esclaves fugitifs) par les États-Unis. En effet, cette nouvelle loi autorisait les chasseurs d'esclaves à poursuivre et à capturer des personnes réduites à l'esclavage dans des endroits où elles étaient pourtant libres aux yeux de la loi. Ceci a donné lieu à plusieurs tentatives d'enlèvement de fugitifs au Canada, ainsi qu'à leur renvoi chez leurs anciens propriétaires, dans les États du Sud.

Les efforts déployés par certains chefs de train et par d'autres associés du chemin de fer clandestin les ont rendus célèbres. Parmi ces héros, citons Harriet Tubman, Mary Ann Shadd et Josiah Henson.

La minute Historica intitulée Le chemin de fer clandestin présente une dramatisation du genre de méthodes originales qui pouvaient servir à transporter les esclaves noirs d'un endroit à l'autre. En visionnant la vignette, vous approfondirez votre compréhension de l'exploitation du chemin de fer clandestin.

En Route Vers Le Nord
Site d'information sur le « chemin de fer » clandestin.

Les Noirs au Canada : entre liberté et ségrégation
Un site Web interactif qui retrace les nombreux défis auxquels ont dû faire face les Africains, immigrants au Canada depuis les derniers 400 ans. De la Fondation de la tolérance de Montréal.

L'arrivée des premiers immigrants
Tirée des archives de Radio-Canada, il est possible d’écouter l’histoire des Afro-Américains qui fuirent l’esclavage aux États-Unis, entre 1840 et 1860, grâce au chemin de fer clandestin.

Les Noirs
Cet article porte sur les principaux dossiers et événements s’étalant sur une période de 400 ans de l’histoire des Noirs au Canada. Extrait de l’Encyclopédie canadienne.

Le « chemin de fer » clandestin
Un bref article au sujet du « chemin de fer » clandestin et des personnes qui aidèrent les esclaves en fuite à s’évader au Canada. Extrait de l’Encyclopédie canadienne.

Récit de Deborah Brown - Enfin libre, enfin libre!
Récit de Deborah Brown qui décrit son évasion périlleuse alors qu’elle fuyait l’esclavagisme au moyen du « chemin de fer » clandestin menant au Canada. Extrait de Parcs Canada.

Canada, the Promised Land
Une magnifique collection d’images représentant les personnes et les endroits associés avec le « chemin de fer » clandestin. Extrait du Schomburg Center for Research in Black Culture in the US.