Maurice Ruddick



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Le 23 octobre 1958, un « coup de charge » massif, semblable à un petit tremblement de terre, entraînait l'effondrement de la houillère no 2 des mines Cumberland de Springhill, en Nouvelle Écosse, emprisonnant 174 hommes à 3 900 mètres de profondeur. Des secouristes prirent soin d'intervenir immédiatement, malgré le peu d'espoir de retrouver des survivants. Lentement, ils réussirent à extraire des hommes, morts ou vifs, des profondeurs de la terre. Le neuvième jour, ils purent enfin rejoindre les sept derniers hommes retrouvés vivants. Parmi eux figurait Maurice Ruddick, Afro Canadien âgé de 46 ans, homme svelte à la fine moustache qui avait les cheveux pommadés en permanence.

Après leur quart, les mineurs mettaient une heure pour remonter à la surface à bord d'un chariot. Maurice Ruddick avait l'habitude de chanter tout au long de ce parcours, soit des airs de blues ou de jazz, soit des chansons populaires du moment. Certains mineurs unissaient leurs voix à la sienne afin d'interpréter entre autres, Dem Bones, Don't Be Cruel ou Bye Bye Love. Tandis qu'ils poursuivaient leur ascension dans la mine de charbon, leurs voix de baryton retentissaient au dessus d'eux, à la grande joie des travailleurs en surface qui pouvaient les entendre.

Après l'effondrement du puits de mine, les sept hommes unirent tous les efforts pour survivre. Malgré une fracture à la jambe, Ruddick aida ses compagnons à garder le moral grâce à la chanson, en dirigeant leurs chants et leurs prières. Cette tragique expérience fut d'ailleurs décrite lorsqu'il composa une chanson sur cet événement, chanson intitulée Springhill Disaster.

Maurice Ruddick et les autres « mineurs miraculés » apprécièrent l'attention que le public leur accorda brièvement après le désastre. Pour Ruddick, le seul Noir du groupe, le racisme malheureusement, vint ternir ce moment de gloire. Comme le précise la minute Historica sur Maurice Ruddick, complément de cet article biographique, le gouverneur de l'État de Géorgie invita les survivants du désastre à prendre des vacances dans un centre de villégiature de luxe. Lorsqu'il apprit que Maurice Ruddick était noir, le gouverneur déclara qu'il se voyait dans l'obligation de le ségréguer. Afin de ne pas gâcher les vacances de ses compagnons mineurs, Ruddick se plia aux conditions du gouverneur : avec sa famille il logea dans une roulotte, séparé de ses amis.

L'effondrement de la mine, survenu en 1958, emporta 74 hommes, ce qui valu à la ville minière de Springhill de perdre son mandat de ville minière d'importance. Peu après ''la grande secousse'' les mines furent d'ailleurs scellées. Maurice Ruddick est décédé en 1988, et le rôle qu'il a joué pendant ces neuf longues journées est presque tombé dans l'oubli.

La minute Historica intitulée Maurice Ruddick présente une dramatisation de l'expérience vécue par Maurice Ruddick. En visionnant cette vignette, vous approfondirez votre compréhension des événements survenus lors de l'effondrement de la mine.

Des hommes et des mines: Maurice Ruddick
Une photographie datée de 1958 qui montre Maurice Ruddick à l’hôpital, un mineur blessé. Tiré du site Web Nova Scotia Archives and Records Management.